Où se trouve la vérité ? Voici une réalité déroutante et pourtant bien inscrite dans ce siècle d’information constante. Chaque jour, nous voyons défiler devant nos écrans un flux constant de messages, d’images, de vidéos, de débats, de déclarations en tout genre. Face à cette quantité d’information il est difficile de démêler le vrai du faux. D’un côté, nous avons des erreurs humaines. De l’autre, des médias et des politiques avides d’attention jouant de ces erreurs. Pour ne pas aller en s’arrangeant, des algorithmes de plus en plus performants peuvent aujourd’hui travailler à modifier des vidéos et rendre des écrits les plus crédibles possible. Ce qui rend le monde de l’information de plus en plus instable. Nous allons parler des médias, des machines qui les menacent et nous demander comment le futur monde médiatique pourrait s’en voir tué.

Pourquoi les fake news se propagent si facilement ? 

Faire valoir ses idées est un concept existant depuis toujours pour convaincre ses congénères. Grâce à internet et aux réseaux sociaux, chacun peut maintenant exprimer sa pensée et tenter de convaincre un maximum de personnes. Ceci étant, dans une époque d’information en continu, il nous est difficile de vérifier les sources de ce que nous lisons, ce qui nous rend plus crédules à ce que nous voyons défiler. Partager une formidable information qui va dans notre sens sera toujours plus utile pour avancer ses pensées. Malheureusement c’est souvent ici que notre esprit critique s’arrête, au profit de l’intérêt personnel que nous y trouvons. Si c’est trop beau, prenons de la distance et réfléchissons un peu.

Comment une intelligence artificielle pourrait-elle créer par elle-même des fakes news vraisemblables ?

En février 2019, une nouvelle a secoué la presse internationale. “Une nouvelle IA créant des faux textes pourrait être trop dangereuse pour être libérée” (The Guardian). Cette IA, créée par Open AI et nommée GPT-2, possède une banque de données de milliards de mots et de références. Grâce à cela, elle serait capable de rédiger seule des articles, répondre à des questions précises. Vous pouvez l’essayer par vous même sur le site https://talktotransformer.com/ (vous verrez, c’est sympathique).

Une intelligence artificielle développée dans le but d’améliorer la qualité de langage des chatbots pourraient bien être utilisée dans un but sombre : écrire en masse de fausses informations. Son but n’est évidemment pas de créer des articles fallacieux mais le risque reste présent.

Doit-on déléguer le journalisme au profit d’algorithmes ? L’enjeu est profond, il s’agit là du premier moment où des machines pourraient influer sur la pensée de l’espace publique. Bien configurées, nous pourrions attendre d’elles qu’elles soient plus objectives, qu’elles fournissent davantage de sources… Malheureusement, il y a peu de chances que ce soient des organismes gouvernementaux qui les développent. Une entreprise à but lucratif a pour objectif d’attirer plus de lecteurs, et donc, de ne produire pas que informer. C’est d’ici que partent les peurs de création en quantité de fake news, qui sont aujourd’hui les infos les plus attrayantes.

Le Pouvoir des deepfakes

Vient maintenant une autre technique de manipulation assez, fourbe : le deepfake. On nous habitue à ne pas tout le temps croire aux images, à les étudier, à les considérer un certain recul. Cependant, s’il s’agit de d’une interview ou d’un discours politique, nous sommes davantage enclin à croire que ce qui se passe sous nos yeux est vrai. Pendant longtemps, modifier un visage ou une voix durant tout une vidéo était réservé à certains professionnels. Avec des intelligence artificielle, ce n’est plus le cas. Certes toujours en évolution, elles sont déjà dans la capacité d’effectuer ce type de tâches.

aasa
Deepfake d’Obama (vidéo)

Il est possible, à partir d’une simple vidéo, d’en faire une arme de propagande qui n’avait jusqu’alors pas d’équivalent. Discréditer un adversaire politique pour lui faire dire ce que l’on veut est maintenant possible avec une facilité déconcertante.

Conclusion

Il s’agit là de tout l’espace médiatique qui se voit menacé. Le monde de l’image devient de plus en plus difficile à décrypter. Fort heureusement, il existe des outils en développement pour détecter les deepfakes. Mais si ceux-ci continuent à évoluer et à devenir accessible à tous, ce seront toutes les vidéos qu’il faudra remettre en doute. Elles ne pourront peut-être plus être considérées comme des preuves juridiques. Pour conclure, une phrase bateau qu’il faut néanmoins prendre en compte : Si cela semble trop beau, vérifiez avant de la relayer sinon vous contribuer à noyer ce monde qui nous permettait jusqu’ici à connaître la vérité.

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